von e.u. » 30. Mär 2004, 19:37
Gerade wurde im Berliner Auktionshaus Stargardt ein Brief Rilkes an Alma Moodie versteigert. Im Katalog steht dazu:
E.Br.m.U. Muzot 3.IV.1923. 3 S. 4o. Mit gesiegeltem Umschlag. (2.500.—) An die Geigerin Alma M o o d i e (1900–1943) in Berlin, die Rilke in Muzot besucht und ihm dort vor- gespielt hatte. „Ma chère Musique, / souffrez que, cette fois, je me serve de cette langue en vous parlant, pour lais- ser l’autre (celle qui me sert d’instrument et d’argile pure) seule dans les pages que ce petit mot, vers vous, accompagne. Je rentre de la gare, par un long et admirable détour, et je m’étais agenouillé un petit instant à la Cha- pelle rustique du Village de Corin – une de ces chapelles qui consentent à tous les Dieux –, j’y ai prié qu’Ils vous bénissent, vos mains qui font chanter ce violon ( et vigoureux, votre épaule qui sert de support à son innombrable Vibration –, et la sève même qui monte dans la profondeur de votre jeune force! Et en rentrant, la première chose, pour commencer ma journée calme et recueillie, c’est de vous envoyer les ‘Somets’; vous êtes bien préparée à la lecture, mais, autant que je trouve un moment libre, je vous écrirai un tout petit commentaire pour vous rapprocher encore davantage de mon chant, vous qui, généreusement, m’avez tout entouré du vôtre. Commencez entre temps par l’Ex-voto du ‘Cheval blanc’ dont je vous avais parlé (page 26). En face, page 27, vous trouverez une petite Chan- son printannière, Chanson d’enfante, qui m’a été dictée par un souvenir de musique ...“ Über den Eindruck, den Alma Moodies Spiel auf den Dichter hinterließ, schrieb er am 7. April 1923 an Marie von Thurn und Taxis: „Ich habe eigenthümlich feierliche Ostern gehabt; durch zwei Tage hat lauter Bach bei mir geklungen in der herrlichen Geigenstimme, die die junge ... Geigerin, Alma Moodie, zu erwecken weiß“. Vier Tage später rühmte er in einem Brief an Nanny Wunderly-Volkart: „Welche Geigenstimme, welche Fülle, welche Entschlossenheit. Das, und die Sonette an Orpheus; das waren wie zwei Saiten derselben Stimme“.